A propos

Bienvenue au jardin !

Ce blog se veut un espace d’échanges et de réflexions autour de cette question essentielle de la juste mesure que l’humain doit trouver pour habiter harmonieusement et durablement le monde, en cessant de scier la branche sur laquelle il est assis comme il l’a fait lors de ces cinquante dernières années de démesure.

Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui peine à garder sa consistance, dans lequel nous devons lutter pour trouver et maintenir des repères. Nous sommes confrontés à une tendance à la démesure qui est à l’œuvre dans tous les domaines de l’existence : le temps démesuré, avec cette impression de courir sans cesse et de ne jamais avoir assez de temps , au sein d’une société emportée par le rythme de l’urgence ; l’espace démesuré, avec l’effacement des frontières de l’espace de vie physique de proximité, noyées dans l’immensité des nouveaux territoires de la mondialisation, des médias interplanétaires et de l’univers virtuel permanent de la Toile. Démesure aussi dans l’exploitation des ressources naturelles et du travail humain, dans les projets de développement – urbain, industriel, infrastructurel…- mégalos, dans les objectifs de cette sacro-sainte croissance qui consume le monde à marche forcée. Démesure de nos attentes face à la science, qui serait capable de nous faire échapper aux processus de la vie, de nous guider vers le risque zéro dans un monde confus hérissé de nouveaux dangers pour la santé ; démesure de nos attentes face à nous-mêmes aussi, à travers des projets de réussite personnelle qui ne nous correspondent peut-être pas profondément et qui conduisent de plus en plus de monde au « burn-out », à la dépression psychique et nerveuse.

Nous vivons dans un monde où les espaces communs et les temps collectifs sont littéralement pulvérisés par l’individualisation des rythmes – chacun vit selon un rythme et un emploi du temps particulier – et la privatisation/marchandisation progressive de l’espace public. En parallèle, la logique du « tout jetable », initiée dans la sphère marchande des objets avec l’obsolescence programmée dans les Trente Glorieuses, envahit désormais les relations humaines, et notamment le monde du travail où de nombreux salariés ne peuvent plus s’enraciner durablement dans un emploi, avec implication et confiance, tandis que la peur d’être jeté, abandonné attise la crainte de s’engager durablement et fragilise les relations humaines en général et amoureuses en particulier.
Nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin de retrouver des repères stables dans l’espace et dans le temps de notre milieu de vie quotidien, pour pouvoir y trouver sa place… Trouver une « image du monde » au sein de laquelle occuper une place singulière en ayant l’impression heureuse de faire partie d’un tout et d’être constamment en interrelation et en interdépendance avec ses parties. Si nous persévérons dans la pensée mécanique et anthropocentriste du monde qui a dominé l’ère industrielle, où l’homme se tient au centre en surexploitant la vie et en la consumant définitivement, l’humanité est vouée à disparaître pour avoir mutilé la chaîne de la vie à laquelle sa propre survie est intrinsèquement liée ; si au contraire nous décidons d’adopter la posture humble qui cherche à comprendre les processus à l’œuvre dans la vie des écosystèmes, leur compréhension nous permettra d’intégrer une nouvelle cosmovision, avec ses lois et ses principes respectueux de la vie, au sein de laquelle nous pourrons trouver une mesure et une place pour habiter durablement le monde et rompre avec la tendance morbide qui domine actuellement. Nous disposerons alors d’un précieux référentiel pour nous fixer un rythme, pour connaître nos besoins et nos désirs réels – et non ceux, sans cesse insatisfaits, générés par la société de consommation et la normalisation sociale grandissante avec l’emprise médiatique et institutionnelle sur nos vies.

Face à ce monde pulvérisé par la démesure, où nous sommes souvent dépendants de multiples intermédiaires (institutions, supermarchés, médias, sous-traitant, services et objets prêts à consommer…), nous perdons la conscience de notre unité d’être vivant singulier faits de multiples facettes – sensible, intellectuelle, charnelle, affective, manuelle…- en nous réduisant à l’individu spécialisé que nous sommes sur le marché du travail. Avec le dogme de l’efficacité rationaliste et mercantile, nous avons appris à tout cloisonner et à mettre en cases et en boîtes, en devenant de plus en plus étrangers à la dynamique de la vie qui est synergie et interrelation des diverses parties de l’écosystème… tandis que l’artificialisation du monde généré par l’expansion démesurée du mode de vie urbain nous a éloigné de la possibilité d’éprouver et d’observer la vie écosystémique autour de nous.

A l’aube du 21e siècle, assez de cette image du monde réduite à la carte géopolitique des pays luttant pour leur survie dans la grande compétition économique mondiale qui entretient l’idée d’un monde cloisonné et défait, car la logique compétitive tend fondamentalement vers la désunion et la désagrégation.
Il est grand temps de redéfinir, individuellement et collectivement, les limites et les jalons d’une nouvelle « imago mundi », qui puisse nous inspirer dans la construction d’un monde commun dont la dynamique tend vers l’interrelation, d’un cosmos limité où nous puissions trouver une place dans un ordre sensé que nous comprenons et sur lequel nous avons prise, qui puisse donner une juste mesure à notre besoin d’implication et de responsabilité vis-à-vis du monde… un cosmos propice à l’épanouissement de ce besoin/ plaisir fondamental de « prendre soin » de ce qui nous entoure.

C’est pour cela que j’aimerais vous inviter à m’accompagner au jardin à travers ce « Jalons au jardin », dans ce microcosme propice à la contemplation et à la prise de recul sur notre monde trépidant, dans cet univers à la fois clos – un petit coin de nature singulier – et ouvert – car il est un reflet de l’infini, une portion du réseau universel des liens et des dynamiques de vie qui composent l’écosystème. Le jardin nous invite à observer et à comprendre la vie qui s’y déploie, et constitue une belle entrée en matière vers la compréhension de cette chaîne vitale qui s’origine dans le sol et la terre, fondement de toute vie sur notre planète Terre – qui n’a pas reçu son nom par hasard…Tout comme l’étymologie du mot « homme » découle du terme humus, qui a aussi donné humilité…

Chloé – plutôt jeune fille en fleurs qu’épouvantail !- sera l’ambassadrice de ce site, en incarnant la présence humaine, silencieuse et durable, qui se fait gardienne d’un espace ; elle rappelle à l’humain qu’il est une partie intégrante du cosmos naturel, et qu’il a bien souvent eu à travers l’Histoire un rôle de gardien dispensateur de soins, comme en témoignent les figures du paysan et du jardinier.

Bienvenue donc au jardin pour vous imprégner de cette pensée écosystémique émergente qui rompt avec la vision anthropocentriste du monde arrivée au bout du rouleau, et pour réfléchir ensemble aux jalons à forger pour mieux habiter la Terre.

Face à la larme en roses, le 5 juillet 2011.

Alice

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